Notre petit patrimoine

Arpaillargues et Aureilhac possède un patrimoine fort de ses diversités, qu’elles soient paysagères ou culturelles, et il est important d’en apprécier les qualités pour le préserver.

Ce patrimoine continue chaque jour à grandir et il est de notre devoir de veiller aux traditions qui permettent de nous sentir si bien dans ce village qui a su conserver son « charme rural » tout en s’ouvrant vers une relative modernité et une qualité de vie liée aux services dont nous disposons.
Deux livrets réalisés par la municipalité retracent l’histoire du village.

HISTORIQUE

Le village d’ARPAILLARGUES et AUREILHAC remonte à fort loin; les plus anciennes traces d’habitat ont été retrouvées vers le Grand Serre d’AUREILHAC au lieu dit Font Mayre, et à Fontèze, à côté du lavoir. Dans les deux cas, différents objets ont été retrouvés et placés, pour la plupart, au musée d’UZES. Les deux sites appartiennent à la civilasation néolithique .Les deux villages apparaissent avec l’Histoire .

AUREILHAC, dont le nom laisse supposer une existence pré-romaine, s’appela successivement AURELIACUS en 571, AURIACH en 1107, AUREILHACUM en 1384, AUREILHAC en1535 puis AURILLAC les UZES en 1721 avant de retrouver le nom actuel.

ARPAILLARGUES doit son nom à un propriétaire romain, ARPILLUS. Le village se nomma successivement ARPALNANIAS en 1207, ARPALHANICAE en 1384, ARPALHARGUES en 1549 puis PAILLARGUES en 1669.

A l’époque romaine de magnifiques villas s’élèvent sur la commune, voir la statue d’AUREILHAC, le bassin de la villa du Pré de Mière, ou les ruines de la villa du Grand Champ. Au moyen Age le village se fortifie , et vit surtout de la vigne et de l’olivier. Au 14eme siècle, un compoix mentionne 112 hectares de vignes qui font un vin réputé; certaines vignes sont déclarées « vignes royales » et le vin est acheminé vers PARIS à la Cour du roi de France. C’est à cette période que la peste a durement touché le village.

La commune compte deux moulins: un à vent qui date du XIème et l’autre situé sur la rivière les Seynes, datant sensiblement de cette période.

Un inventaire du petit patrimoine

Un inventaire du petit patrimoine a été mené pendant un an sur les cinquante et une communes du territoire du Pays Uzège-Pont du Gard. Cette initiative a permis de recenser le patrimoine local.

Le livret d’ARPAILLARGUES -AUREILHAC de 137 pages présente un patrimoine bien souvent méconnu et devant lequel on passe pourtant chaque jour. Sur les 120 cabanes de pierre sèche (ou capitelles) dénombrées, une soixantaine ont été inventoriées, autant de masets, des ponts, des lavoirs, des puits, un moulin, une croix de chemin, des bergeries et aussi les anciens bâtiments des écoles et de la mairie.

Un paysage de pierre sèche

Un maillage de murets de pierre sèche délimite les anciennes parcelles de culture et les chemins sur tout le territoire. La pierre calcaire d’Arpaillargues est dure et de belle dimension; elle était renommée en Uzège. La construction en pierre sèche n’utilisant aucun liant, représente un savoir-faire récemment reconnu au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est une technique qui allie solidité, sobriété, écologie.

Le document couvrant Arpaillargues et Aureilhac est disponible en téléchargement ci dessous.

https://pdv.bcnco.fr/arpaillargues/wp-content/uploads/sites/5/2021/02/inv_patrimoine.pdf

Le Priape d’Aureilhac et

le monument historique

Cette statue en pierre calcaire a été trouvée en 1970 par M. Alfred Mercier sur ses terres, à Aureilhac, lors de travaux agricoles. Après la découverte du torse, des fouilles complémentaires par le Service régional d’Archéologie de la D.R.A.C. ont permis de retrouver d’autres fragments, à l’exception de la tête et du bras gauche.M. Gérard Mercier a fait don de la statue à la commune d’Arpaillargues et Aureilhac en 2007. Elle est visible dans le hall de la mairie, depuis son inauguration en 2008.
Un livret a été réalisé.

 Monument historique : pierre avec inscription

La commune d’ARPAILLARGUES et AUREILHAC bénéficie de l’existence d’un monument historique protégé qui contribue par sa présence à affirmer son identité et sa valeur patrimoniale.

Située au carrefour d’une rue et de la départementale 981, la maison FAGE sur sa façade face à la mairie a longtemps servi de support, avant 1994, à une pierre avec inscription avant son transfert et installation dans le hall de la mairie. Lors de la vente de cette maison, le propriétaire (descendant des Fage) a fait don de la pierre en question à la municipalité pour faciliter l’obtention du permis de construire à son futur acquéreur.  Ce dernier avait l’intention d’y construire une boulangerie et d’y aménager une vitrine à l’emplacement de l’ancien portail, et une entrée indépendante, là où était scellée la pierre. Il  a même créé une surélévation pour aménager un logement.

C’est le 21 Mai 1992 que Monsieur le Conservateur donne son accord pour le transfert de la pierre  dans les locaux de la mairie, après validation par l’Architecte des Bâtiments de France  et demande du Maire de la commune.

L’étude par le conservateur Régional des monuments historiques, confirme que cette pierre fixée sur la maison FAGE, porte une inscription relative à IAQVES SADARGVES et est inscrite à l’inventaire des monuments historiques depuis le 22 janvier 1964. Cette pierre est en deux parties, dont la partie basse est la plus détériorée. Son emplacement d’origine n’est pas connu.

Inscription sur la pierre

 

Les brevets d’exemption qui permettaient à certains citoyens d’échapper aux lourdes charges du consulat, de la syndicature et du logement des gens de guerre, sont nombreux dans les archives mais rarement transcrits dans la pierre comme c’est ici le cas. L’inscription n’est pas datée. Au long des troubles civils ou religieux des 16e et 17e siècles, les localités importantes fermaient leurs portes aux gens de guerre. Ces bandes armées logeaient dans les faubourgs ou les villages avoisinants. Tel était certainement le cas pour cette localité, dépourvue de fortifications et située sur l’ancienne route de Montpellier. La pierre rectangulaire porte, sur neuf lignes, l’inscription suivante : « Par edit et letres patantes du [bûché]/Jacques Sadargues est exem/pt de toutes charges de con/sul scindic clavere de tv/teles curateles seqves/trations gvet garde logem/ent de gens de gverre et/—–nees avdit/edit et letres patantes ». A droite des 4e et 5e lignes, traces d’un écu, entourées par un très fin rinceau.

Place de la pierre avant 1992

LE CHATEAU

En lisière du village situé à 4 kilomètres à l’ouest d’Uzès, le Château d’Arpaillargues est une belle demeure du 18e siècle, devenue l’Hôtel d’Agoult. Il a appartenu à cette famille rendue célèbre par Marie de Flavigny, 1ère passion de Listz qui y habita.

Les seigneurs du lieu furent, au 15e siècle les Bertha originaires du Velay, puis par alliance les Ginestoux. En 1559, les Bargeton acquirent le Château, qui entra ensuite dans la famille d’Agoult par le mariage, en 1647, de Mondette de Bargeton avec Charles D’Agoult de Piégnon.

Leur petite fille Françoise reçut Arpaillargues en dot en épousant Jean de Barjac de Rochegude, protestant, qui s’exila en Suisse. Après les Guerres de Religion, Arpaillargues revint aux Agoult par sentence du tribunal de Nîmes en 1723.

En 1735, Charles d’Agoult de Montmaur abandonna son château du Dauphiné pour s’installer à Arpaillargues. D’après un inventaire, c’était une habitation inconfortable pour laquelle le Marquis Henri François d’Agoult, ancien lieutenant de vaisseaux, entreprit avec faste de grandes constructions malgré de grandes difficultés financières.

En 1790, naquit au château Charles d’Agoult, époux de Marie de Flavigny, qui le vendit à un ancien commerçant, Gabriel Puget. En 1907, il appartint à la famille Huguet. Il était délabré, le jardin affermé à une exploitation agricole, lorsque il fut acheté par MM..Hambury et Schootemeyer, en 1964 ; depuis 1973 racheté et transformé en hôtel par la famille Savry.

Plus encore que par son histoire, le Château d’Arpaillargues est intéressant par ses références littéraires. Au grand scandale de l’époque, Choderlos de Laclos affirmait s’être inspiré de la Marquise d’Agoult de Montmaur pour dépeindre Madame de Merteuil dans « Les Liaisons Dangereuses ». Dans « Les Illusions Perdues », Balzac a emprunté les personnages de la famille de Bargeton. Enfin, de nos jours l’écrivain François Nourrissier (« Le Maître de Maison ») a habité le Château pendant quelques années